IGBOORA, CAPITALE MONDIALE DES JUMEAUX
Galerie Monbrison — Parcours des Mondes, Paris, septembre 2026
Il est des lieux où le monde semble avoir été créé en double. Igboora, petite ville du sud-ouest du Nigeria, est de ceux-là. Ici, les jumeaux sont partout, comme si la vie elle-même avait pris l’habitude de se répéter. Avec 45 paires pour mille naissances, elle est la capitale mondiale des jumeaux. Mais ce titre dit peu d’une communauté qui a fait de la gémellité une identité, une manière d’habiter le monde.
Chez les Yoruba, les jumeaux, appelés Ibeji, occupent une place sacrée. Lorsque l’un d’eux mourait, une statuette à son effigie était sculptée et choyée comme un enfant vivant, afin que le lien subsiste. Ces objets rituels disent l’essentiel : certains liens résistent à tout, même à la mort. En écho à ces statuettes, l’œuvre d’Olympia de Maismont a une résonance particulière. La photo-vidéo reporter basée en Afrique de l’Ouest a documenté avec humanité et puissance la dualité des Ibeji : deux êtres qui se répondent, se mirent, s’accordent sans se confondre.